Gossip Girl

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 Pago Melon [libre]

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Cicely Jeckyll
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MessageSujet: Pago Melon [libre]   Sam 20 Oct - 22:40

Le crayon virevoltait délicatement entre ses doigts osseux. Son regard semblait captivé par l’ombre effilée qui apparaissait à rythme régulier sur le bois de la table, au dessus de ses feuilles de notes vierges. Quelque part, dans quelque dimension lointaine, une femme devant un tableau noir s’acharnait à expliquer la formation complexe d’une névrose. Ombre… ombre… le crayon tourna un peu plus vite. Un élève toussa, un autre se gratta la nuque, quelques uns firent mine de prendre des notes avant de retourner à un dessin de lapin/vache/truc bizarre. Deux ados au premier rang flirtaient sans pudeur, s’envoyant des oeillades dignes de l’intro d’un mauvais porno, pendant que le frustré de la classe les observait en bavant, la main crispée sur le genoux. Au même moment, leur adorable hystérique de professeur jeta l’éponge et leur demande d’ouvrir leurs manuels pour un exercice. Elle espérait qu’ils avaient bien compris le procédé, ils espéraient secrètement qu’elle ait une embolie cérébrale dans les dix secondes.
Ploc. Le crayon venait de tomber, fidèle à toutes les lois de la physique. Elle amorça un geste pour le ramasser, aussitôt arrêté. Au lieu de ça, sa main se leva calmement et elle attendit d’être autorisée à parler, pour une fois parfaitement docile. Ce fut fait quelques secondes plus tard, dans le silence général.


_ Il faut que je sorte.

Sa petite voix mesurée, calme, s’éleva dans la classe comme un serpent débordant de charme. Pas besoin de la moindre comédie, fausse grimace de douleur ou autre. La professeur cligna deux fois des yeux et s’apprêtait à dire quelque chose lorsque la petite sœur Jeckyll se leva d’elle-même, rangea ses maigres affaires, fit pendre son sac fripé à sa hanche et commença à s’en aller. Il ne lui semblait pas devoir plus d’explication pour pouvoir s’éclipser d’un cours soporifique, qui semblait les priver d’un neurone de plus toutes les secondes. Peu importe, la brune était déjà dehors, son sac tapotant doucement contre sa hanche à chaque pas. Ce n’était pas vraiment le chemin de l’infirmerie. Une cigarette, plus fine et longue que la normale, vint s’installer entre ses lèvres rouges. Distraitement, elle lissa ses cheveux entre ses doigts, couvrant un peu plus son visage penché vers l’avant. Plutôt difficile de croiser un regard brumeux perdu derrière une épaisse frange sombre.
A cette heure, quelques étudiants étaient sortis. La fin des cours approchaient, du moins les officiels, et les amphis crachaient quelques élèves fatigués avant de fermer leurs portes grinçantes. La journée était agréable, quoi qu’un peu nuageuse, et donc propice à de débectantes démonstrations publiques d’affection, que Cicely évita en changeant son cap. Pas grande envie d’assister aux promesses éternelles de quelques amoureux transis, qui le temps d’un baiser en profitait pour regarder la jolie rousse assise sur le banc d’à côté. Bref. Sa cigarette bientôt complètement consumée, elle l’écrasa contre le tronc d’un arbre et la laissa tomber, continuant son chemin dans le parc.

Bon dieu qu’est-ce qu’elle pouvait s’emmerder.
Au départ, elle avait trouvé ça follement amusant de partir en quête des névroses humaines, et de tout ce que son cerveau si parfait inventait de terrible. Mais on se lassait de tout. Une envie d’aller sur les toits… et puis non, elle opta pour autre chose. Envie de quelque chose de chaud, tout à coup.
C’est ainsi que, par une impulsion toute spontanée, elle se retrouva assise à la cafétéria (presque vide en dehors des heures de repas), devant un jus de tomate bouillonnant où un bout d’oignon et de persil se battaient férocement. Dans la demi heure qui suivit, personne ne vint la déranger. Les quelques rares étudiants qui se risquaient de ce côté recevaient en accueil un regard glacial et la découverte d’une canine acérée. Bref, le calme absolu. Deux jus de tomate et un nectar de melon plus tard disais-je donc, elle avait ouvert un livre qu’elle parcourait calmement, assise sur l’une des banquettes de bois près de la vitre. De là, elle pouvait observer le petit monde du dehors, du coin de l’œil, entre deux mots. Elle avait déjà deviné la fin du bouquin, de toute manière.
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Eliott Jeckyll
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MessageSujet: Re: Pago Melon [libre]   Jeu 15 Nov - 15:08

[C'est un peu léger, désolé tsss ]

"Listen to the silence, let it ring on". Il arma son appareil. "Eyes, dark grey lenses frightened of the sun." Agenouillé sur le sol gris et triste, gardant un équilibre précaire. "We would have a fine time living in the night". Il visa le ciel, d'une couleur anormale, inquiétante, les nuages laissant à peine filtrer la lumière du soleil. "Left to blind destruction". Joy Division résonnait à ses oreilles, il ne se souvenait même pas d'avoir allumé son baladeur. Le cliché allait être parfait, il posa le doigt sur le bouton, s'apprêtant à faire pression dessus. " Waiting for our sight". Et ce fut la chute. Eliott Jeckyll se retrouva à terre, sans même comprendre ce qu'il venait de se passer. C'est alors qu'il leva les yeux sur un étudiant sûrement plus âgé que lui, qui se confondait en excuses, les joues rougissantes.

C'est pas vrai...

Marmonna Eliott d'une voix inaudible tout en se relevant, tandis que son "agresseur" était en train d'aligner des mots qui devaient sans doute avoir un sens si Eliott ne les ignorait pas complètement.

Tu ferais mieux de t'acheter un déambulateur, si tu es incapable de contrôler ta trajectoire.


Ajouta-t-il, cette fois de manière parfaitement audible. Le visage de son interlocuteur avait cette fois ci viré entièrement au rouge, mais ça n'était certainement pas par confusion, mais plutôt par colère. Celui-ci lâcha un "connard" à l'attention d'Eliott, qui ne réagit pas, pensez vous, il était habitué aux insultes depuis tout ce temps.
C'est cet instant précis que le soleil choisi pour pointer le bout de son nez. C'était désormais officiel, sa photo était gâchée à tout jamais. Il fourra ses mains dans les poches de son jean, et se mit à marcher, tel une âme en peine rempli de déception.
Ses pas l'entraînèrent finalement à l'intérieur de la cafétéria de Yale, il commanda un café, et repéra dans un coin une petite brune respirant la lassitude en train de siroter une soupe à la tomate. Il alla s'asseoir juste en face d'elle, posant précautionneusement son appareil sur la banquette à ses côtés.

Alors...


Commença-t-il, tout en regardant sa soeur avec son air qui lui connaissait si bien, pour avoir vécu près de 18 ans avec elle. Celle ci ne répondit pas. De toute manière qu'est ce qu'il pouvait bien y avoir à répondre?

Tu as encore oublié de nourrir les poissons ce matin, c'était ton tour. Et leur soupe à la tomate est abjecte, ça va te rendre malade, et je vais encore être obligé de t'accompagner chez le médecin...


Il s'arrêta là, n'aimant pas vraiment jouer les moralisateurs, en règle générale, mais ne pouvant néanmoins s'empêcher de faire remarquer à Cicely sa négligence. De plus, Eliott n'avait pas particulièrement envie de perdre son temps dans la salle d'attente d'un médecin, étant donné que Cicely ne pouvait y aller toute seule à cause de sa phobie des docteurs [Uh... on dit qu'elle a peur des docteurs? XD ].
Eliott enfonça son dos dans le dossier de la banquette, portant le café brûlant à ses lèvres, puis porta son regard vers l'extérieur, soupirant.

Je m'ennuie


Lança-t-il sobrement, ce qui était en fait une invitation à l'attention de Cicely pour qu'elle leur trouve une distraction.
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Cicely Jeckyll
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MessageSujet: Re: Pago Melon [libre]   Ven 16 Nov - 15:19

[D'accord Cicely en vamp c'est peut-être un peu abusé, mais on trouvera mieux la prochaine fois smiile ]

C’est à peine si elle lisait vraiment les lignes qui se déroulaient sous ses yeux. Mais il n’y avait pas meilleur moyen de décourager d’éventuels perturbateurs que de faire mine d’être follement intéressée par un bouquin. Elle tournait pourtant les pages à rythme régulier, lentement, sans jamais lever les yeux, laissant sa soupe de tomate refroidir avec désespoir. Peut-être bien qu’elle lisait, finalement. Un très léger grincement de chaise stoppa son geste, lorsqu’elle s’apprêtait à passer à la page 58. Sa tête se pencha légèrement sur le côté, comme un animal à l’affût prêt à montrer les griffes au moindre… mais non. Le nouvel arrivant avait été trop discret, trop détendu pour qu’elle ne le reconnaisse pas sans avoir besoin de lever les yeux de son passionnant bouquin. Ce qu’elle ne fit pas, évidemment. Alors… alors ? Elle tourna une page, du bout de l’index. Rien dans son attitude ne laissait voir qu’elle ne l’avait ne serait-ce que remarqué. Pourtant, il y avait comme un léger rictus sur ses lèvres, difficile à percevoir.

Enfin, après quelques secondes de ce qui dut être une intense réflexion, il entama la conversation. Si tant est qu’on puisse qualifier de « conversation » les échanges qu’ils avaient chaque fois. Ses sourcils se froncèrent un quart de seconde, elle se désintéressa complètement du livre. Finalement, tandis que son frère finissait de parler, elle ferma et posa l’ouvrage sur la table, prenant bien soin de mettre la couverture parallèle au bord de la table, comme si c’était la chose la plus importante à faire à cet instant. Un léger sifflement s’échappa de ses lèvres, sans déformer les traits de son visage de porcelaine. Médecin… était-il obligé d’aborder un sujet pareil maintenant, là tout de suite ? Une seconde, elle lui en voulut. Imaginez que quelqu’un entende ? Il connaîtrait la seule peur irrationnelle de la petite. Oh oui, elle se souvenait parfaitement de la dernière fois où il avait dû l’accompagner. Une heure d’attente, pour finalement une crise d’hystérie dans l’honorable cabinet du docteur, à balancer tout ce qui se trouvait à portée de main au pauvre praticien. L’apocalypse en direct. Il avait fallut que son frère l’assomme presque pour la sortir de là, tout en décrivant rapidement ses symptômes au docteur pour qu’il leur prescrive fébrilement des médicaments. Ils n’avaient pas eut à payer. Forcément, le médecin avait été à deux doigts d’appeler la police, insulté par une excitée incapable de se contrôler. La dite excitée n’avait pourtant rien à voir avec la petite chose fragile qui se trouvait là, fixant son frère comme s’il avait prononcé le blasphème suprême. Finalement elle tourna la tête vers l’extérieur, faussement vexée. Du bout des doigts, elle avait pourtant éloigné la soupe de tomate, à présent froide.


_ J’ai décidé de les mettre à la diet, tu les nourris trop ces poissons. Bientôt il faudra changer leur bocal et ils vont en faire une dépression, de passer à la taille supérieure.

Eliott ne se préoccupait jamais assez de la santé mentale de leurs petits bébés à écailles. Elle sembla d’ailleurs le lui reprocher une fois de plus du regard, prête à reprendre son livre. Vint alors la phrase magique. Un « Sésame ouvre-toi » made in Jeckyll. Son sourire en coin s’agrandit d’un demi millimètre, découvrant la base d’une canine. Elle observa son attitude nonchalante, fixant son profil et la minuscule cicatrice (quasi-invisible aujourd’hui, disons qu’elle la devinait plutôt) sur sa mâchoire, datant du jour où Kenzie avait découvert qu’on pouvait utiliser une pelle comme arme. Même après des années, elle ne se lassait pas de l’entendre dire ça. Sa tête se pencha légèrement vers l’arrière, elle fixa le plafond, la bouche entrouverte. Une cigarette aussitôt sortie, allumée, et elle pu réfléchir une minute ou deux de plus, observer la salle plus en détail. Une distraction… oh, il y en avait toujours. L’université et ses drames intimes était un vivier inépuisable de distraction. C’est lorsqu’elle devina l’appareil photo posé sur la banquette que son idée devint parfaitement claire. Elle laissa tomber la cigarette à peine consumée dans la soupe de tomate huileuse et se leva, la petite lueur sadique de son regard traduisant bien son… assentiment ? Pour une nouvelle distraction.

_ Il te reste de la pellicule, j’espère.

Avait repéré leur victime depuis longtemps déjà. Il était parfait. Tout juste assez intelligent pour donner un peu de fil à retordre, et bien assez stupide pour finalement se laisser avoir. L’ombre d’un clin d’œil s’adressa à son frère ; elle laissa une main traîner sur son épaule en passant à côté de lui, déjà plongée dans ce qui semblait être un rôle. Quelques secondes plus tard, elle s’asseyait lentement sur une table, à quatre tables de là, face à ce qui semblait être un adolescent amouraché, parfaite victime. Ce qui semblait être sa petite amie était partie il y a trois minutes à peine, le laissant pataud, seul avec son café sans sucre.
Le coup était bien rodé, ils l’avaient utilisé un bon million de fois, avec toujours la même satisfaction. D’accord, peut-être bien que maintenant, la lassitude commençait à se faire sentir, mais chaque victime était une aventure. Tout se déroulait presque toujours de la même façon. Elle abordait la dite victime, parvenait à le convaincre d’un peu d’amusement en duo ; « personne n’en saurait rien », après tout. Juste avant, à noter qu’elle s’était débrouillé pour apprendre le nom de sa petite amie (sinon tout ça n’avait aucun intérêt). Une fois la pièce sombre trouvée et l’amusement bien commencé, surgissait alors son adorable frère armé d’un appareil photo, le doigt sur le déclencheur. Tout l’art de la situation était d’arriver juste au moment où leur position était des plus compromettantes. En général, Eliott se débrouillait pour que les cliché dissimule son visage à elle d’une manière ou d’une autre, mais elle se souvenait d’une fois ou deux, où elle avait dû essuyer une gifle bien sentie de la petite amie qui l’avait reconnu… ou même cette fois où son frère ne les avait pas trouvé, et avait fini par abandonner ses recherches. Difficile de se débarrasser alors de la victime du moment qui avait décidé d’inverser les rôles. Bref. Tout ça pour dire que le coup était toujours follement amusant, plein de surprises, et qu’une fois encore elle était persuadée que ce serait un succès.

Quatre minutes plus tard, elle avait presque convaincu le petit amouraché, à grand renfort de battements de cils calculé, demi-sourire et phrases à double sens. C’était toujours tellement drôle de les voir rougir, avant de regarder par-dessus leur épaule pour vérifier que personne n’avait entendu. Le tout était d’y aller crescendo, allant jusqu’à friser l’indécence, jusqu’au point de rupture. C’était lui qui devait avoir l’impulsion suprême, ou bien il était capable de tout arrêter au mauvais moment (c’est-à-dire avant la prise des clichés). Sa petite amie s’appelait Maggie Spencer… ridicule, et commun avec ça. Ils leur rendraient presque service, en précipitant leur rupture inévitable.
Voilà comment, un quart d’heure à peine plus tard, elle se retrouva avec un dénommé Ted dans les toilettes de la cafétéria, vides à cette heure, lumière éteintes, à attendre son frère tout en rendant la scène la plus compromettante possible, se répétant mentalement le nom de la petite amie pour ne pas l’oublier. Il fallait bien qu’au moins un des deux dans cette pièce s’en souvienne, après tout.
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Eliott Jeckyll
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MessageSujet: Re: Pago Melon [libre]   Dim 18 Nov - 0:53


[On peut changer la police, et ça, c'est méga feun ]

S'il lui restait de la pellicule? Quelle question enfin... Le monde entier pouvait bien être en pénurie de weetabix, Eliott ne manquerait jamais de pellicule, c'était l'élémentaire, le B-A BA du Jeckyll de base (bien que la comparaison du weetabix ne soit pas exactement à propos, ce qui va suivre sera laborieux, je préfère prévenir.)
Il observa distraitement les canines pointues de sa soeur se découvrir progressivement en un léger sourire. Il croisa les bras, sachant désormais exactement à quoi Cicely pensait. Il fallait dire qu'en terme de manipulation, elle était la meilleure. Toutes catégories confondues. Vraiment.
Il avala tranquillement le fond de son gobelet en carton, l'air serein du retraité du mois, celui qui a gagné au loto de quartier un kit de jardinage. Ouais. Mécaniquement, il sortit de sa poche un long étui noir, contenant de vieilles lunettes d'aviateur, qui menaçaient de tomber en poussière à chaque instant. Néanmoins, elles avaient le mérite de masquer son regard et de le rendre plus ou moins incognito. En plus bien sur de lui donner un air cooool et mystérieux (ou détraqué, au choix). Cicely ayant laissé son sac sur la banquette, il l'attira à lui. Elle n'avait pas besoin de son sac pour ce qu'elle s'apprêtait à faire, c'était juste. Après avoir farfouillé un instant dans la plus petit poche extérieure, il trouva ce qu'il cherchait initialement, à savoir le petit miroir circulaire de sa soeur. Tel un James Bond des temps modernes (uh) il ouvrir l'objet d'un geste sec, le but étant d'au moins observer discrètement la pauvre victime.
Il avait vaguement une tête à s'appeler Connor, un petit air perdu, sans doute du à son regard penaud. Connor (peut être qu'à force de l'appeler Connor, il finirait par vraiment se prénommer Connor...) avait également le plus petit front qu'il n'avait jamais vu. La barre n'était pas placée bien haut à vrai dire, et les talents de Cicely devraient venir à bout du pigeon en très peu de temps avec un peu de chance.
Les frangins Jeckyll s'adonnaient avec régularité à ce petit jeu depuis qu'ils avaient été assez grands pour le comprendre, et surtout prendre conscience du mal qu'ils pouvaient répandre autour d'eux. Certes, tout cela pouvait se révéler un tantinet lassant par moments, et il était vrai qu'ils aspiraient tous deux à des choses plus dévastatrices encore... Toutefois, ils se contenteraient très bien de cela pour le moment.
Patienter, c'était la prochaine étape. Eliott prit dans ses mains le livre orphelin gisant sur la table et le feuilleta d'un air las. Un mauvais polar. Le plaisir coupable de Cicely. Il le reposa en soupirant, jetant un regard circulaire à ses camarades de la cafétéria, sans doute interloqués que ce type au fond de la salle et au milieu d'un tas de gobelet ait sur les genoux un sac de femme. Les regards noirs derrière ses lunettes de soleil n'étant pas d'une grande utilité dans ce cas là, il se leva d'un air de totale indifférence, se dirigeant directement vers le lieu du drame.

Ah les toilettes publiques... lieu ô combien exotique et plaisant. C'est là que reposaient les pensées fanées d'un poète lambda, ou, si l'on avait de la chance, les épitaphes désespérés de pleurnicheurs en tout genre. Il y avait aussi les petites annonces destinées à la population du sexe opposé, annonces que les personnes visées n'auraient jamais l'occasion de lire, puisque le lieu en question ne leur était pas réservé. Oh, c'était sans compter les divers tags anarchistes prônant la révolution. Au milieu de toute cette faune, il arrivait que l'on trouve deux jeunes échappés, volant quelques instants d'intimité dans un cadre idyllique (oui, je sais, ça fait rêver).
Eliott poussa la porte des toilettes de Yale en prenant bien soin de ne faire le moins de bruit possible et surtout, surtout de ne pas allumer la lumière. Les pigeons avaient en règle générale une phobie irrationnelle de toute source de lumière, c'était le genre de chose qui les faisait fuir, pour des raisons inconnu. Tapotant calmement ses doigts contre l'émail blanc des lavabos, se guidant grâce aux murmures étouffés provenant de la cabine tout à gauche. Cicely choisissait toujours la cabine de gauche, c'était une sorte de fanatisme de sa part, une marque de fabrique.
Eliott arma donc son appareil avec le plus grand sérieux et ôta ses lunettes de James Bond mystérieux. Il attendit encore un petit moment, en partie par taquinerie vis à vis de sa soeur, la laissant le plus longtemps possible dans une position qui ne la réjouissait pas forcément. Oh, si on ne pouvait pas s'amuser un peu hein!
Eliott s'éclaircit la gorge de manière peu discrète, et entendit aussitôt les murmures affolés de Connor, suivit des "mais non c'est rien" de Cicely, qui avait compris que son frère se trouvait juste à côté. Tel l'alpiniste de haut niveau, il grimpa sur la lunette des toilettes, allumant la lumière aveuglante d'un violent coup de pied. Perché au dessus de la paroi des WC, Eliott avait dans le champ de vision le dos et Cicely et son nouvel "ami", parfaitement reconnaissable, le tout dans une position des plus suggestives et compromettantes.

Coucou Connor!


Lança Eliott d'un ton parfaitement convainquant de "kikoolol" attardé, tout en prenant le cliché, sous l'oeil ahuri et effrayé de la victime mâle.
Ce dernier repoussa violemment Cicely (pauvre petite, pensez à envoyer vos dons de glaces à la Louchette Corp, nous serons heureux de transmettre...) et reboutonna les boutons de sa chemise, ne réalisant sans doute pas vraiment ce qui lui arrivait, d'où la mémorable réplique:

T'es qui toi? Qu'est ce que tu fais là?


Connor voulait-il se battre? Le regard glacial d'Eliott dû l'intimider, puisqu'il se renfrogna, fixant nos deux gentils petits protagonistes d'une mine sombre. Eliott rangea son appareil photo, bien au chaud dans sa sacoche, ils avaient déjà vu des cas de violence extrême de la part de leurs victimes... c'est pour ça que désormais, ils évitaient de choisir des quaterbacks trop musclés.
Il poursuivit ensuite de son ton traînant et désintéressé

Dis moi Connor... tu as déjà entendu parler de ces gens qui photographient les touristes devant la statue de la liberté et Alcatraz? Notre concept est assez similaire en fin de compte... Si la photo te plait, tu pourras la retrouver directement dans la boite mail de ta petite amie...


Il coula un regard vers Cicely, se demandant si, pour une fois, ils ne devaient pas essayer de viser un peu plus haut...

[ Tin tin tin tiiiiiiin ]
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Cicely Jeckyll
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MessageSujet: Re: Pago Melon [libre]   Dim 18 Nov - 22:51

[On va vraiment en fait des monstres...]

Aïe… double aïe. La claque partit instinctivement. Non mais il avait besoin lui aussi de la plaquer contre le mur comme un rugbyman en pleine mêlée ?! Il faudrait qu’elle pense à insérer le critère « prévenance » la prochaine fois, pour préserver son pauvre dos surtout. Et son pauvre cou aussi, par la même occasion, étant donné les mouvements désespérés de sa tête pour ne pas étouffer, depuis quelques minutes. Minutes qui, si vous voulez tout savoir, lui avaient paru extrêmement longues. Son frère avait-il été assez sombrement sadique pour prendre son temps, tout en sachant que son innocente petite sœur périssait d’apnée dans des toilettes suspects ? Oui, elle en était convaincue.
Ted… Connor, plutôt, la regarda avec un air hébété, la main sur sa joue. Sans doute dût-il prendre la claque pour une parade préliminaire, puisqu’il repartit aussitôt à l’assaut (dans tous les sens du terme… elle avait follement envie de déclencher un mordant système de défense) de la petite Jeckyll, qui finit par soupirer. Bon, c’était pas tout ça, mais il valait mieux s’activer si elle ne voulait pas tout fiche en l’air. Ainsi donc, tandis que Connor continuait de la considérer comme un ballon de rugby, elle entreprit de savamment déboutonner chemise et pantalon. Il avait l’air aux anges, le petit. Elle n’arrivait pas à s’empêcher de sourire, sournoise, attentive à tous les bruits qui pourraient subvenir dans ce paisible lieur de bécotage. Tiens, il lui avait presque semblé entendre comme des petites tapes sur l’émail d’un lavabo… une hallucination due au manque d’oxygène ? Sans doute. Jusqu’à ce que…


_ Hein, qué que c’est ?! Quelqu’un ?
Elle en aurait presque éclaté de rire, si une telle démonstration d’enthousiasme lui avait été permise.
_ Mais non, ce n’est rien…

Sa voix était terriblement douce, fluette, peut-être un peu trop pour être honnête. Elle devinait déjà tout de son frère, de l’autre côté de la cloison. Son petit sourire satisfait, l’oreille tendu pour entendre le début de crise de panique de leur victime, enclenchant calmement l’appareil, ses yeux pétillants de cette lueur qui leur était propre et annonçait un moment… catastrophique. Tout dans le timing, maintenant… au moment où Eliott montrait sa jolie frimousse de sadique, elle accomplissait le dernier détail mortel. D’un petit geste calculé, le pantalon du pauvre Connor tomba sur ses chevilles. Vous ne trouveriez pas situation plus compromettante. Connaissant son frère, il arriverait parfaitement à prendre un plan d’ensemble, pour tirer meilleure partie de l’émotion ambiante.
Elle eut tout juste une furtive grimace, lorsque leur victime la repoussa brusquement, prenant lentement conscience du piège où il était empêtré. A la vitesse de l’éclair, il reboutonna sa chemise, remonta son pantalon (elle ouvrit la porte des toilettes pour qu’il puisse claudiquer en dehors librement) et boucla sa ceinture. Elle était persuadée qu’il avait battu le record du type qui doit fuir après avoir fait son affaire. A ceci près que, dans le cas présent, il n’avait rien fait du tout et affichait l’air paniqué du condamné à mort. S’il avait eut vent de la réputation de ces deux futurs maîtres chanteurs, il aurait compris que sa peur était parfaitement justifiée.

Calme (ayant refait le plein d’oxygène), Cicely sortit à son tour de la cabine, referma soigneusement la porte derrière elle, puis d’un bond se hissa sur un lavabo, telle une gracieuse vipère. Les jambes croisées, le buste tourné vers le miroir, elle remettait sa frange en place et arrangeait ses habits, écoutant pourtant attentivement son frère. Maintenant s’amorçait la partie qu’elle préférait ; jusqu’à maintenant, on pouvait plutôt parler de sal boulot, et il était pour sa pomme. Une fois sa frange parfaitement parfaite (elle ne pouvait pas être correctement sadique sans ce détail), elle se redressa, captant le regard nonchalant de son frère. Dieu, qu’elle l’adorait. Ce n’était pas humain, de mépriser les autres êtres à ce point pour n’en aimer qu’un seul. Et le comprendre si facilement. Elle pencha la tête sur le côté, réfléchissant une seconde, avant de regarder Connor, avec ce petit air méprisant qui n'annonçait rien de bon. Il amorça un pas en arrière, méfiant. Le mal était fait, il ne l’avait pas encore compris ?


_ Et tu peux être sûr que mon frère a su te mettre à ton avantage, il est doué pour ça.
Petite amie (elle ne pu s’empêcher de le penser) qu’ils sauvaient accessoirement d’un petit ami ventouse stupide. Seuls ses yeux bougèrent en un éclair jusqu’à son frère.
_ Maggie Spencer, annonça t-elle sobrement comme une leçon récitée.

Il n’était guère difficile de savoir comment procéder avec leur Connor. Voyez plutôt : elle compta mentalement les secondes qui les séparaient d’un atroce cri de désespoir suivi du… ah, voilà, ça commençait.

_ Ecoutez, on peut s’arranger. C’était marrant là mais soyez pas salauds à ce point…
_ Eliott, il m’a traité de salope là, tu as entendu, le coupa Cicely d’une voix enfantine.

Paniqué, Connor tenta de se justifier, regardant Eliott comme s’il avait peur de se faire arracher un bras. Il passa rapidement à l’étape suivante, plus encore que les autres victimes. Il commença à faire des propositions, de plus en plus terrorisé à mesure qu’il prenait conscience du degré de folie douce de ses deux interlocuteurs. Cicely regarda une fois de plus son reflet dans le miroir, lissa une mèche de ses cheveux…

_ Tu n’aurais pas pris mon rouge à lèvres par hasard ? Connor me l’a presque effacé…

Elle eut une moue boudeuse, descendant sans bruit de son perchoir pour marcher jusqu’à son frère. Ignorer Ted, Connor ou quelque soit son nom (ça n’avait pas grande importance) ne faisait que redoubler sa panique, et lui faire dire des choses de plus en plus insensées. Ses propositions devenaient dingues…

_ De l’argent, vous voulez de l’argent ? J’ai aussi un bateau, il vous plairait ou… pourquoi pas une voiture, vous devez aimer les voitures hein ? Je peux vous payer tout ce que vous voulez. Je... je ferais tout pour...
Gamine, elle commença à tirer sur la manche d’Eliott en se dandinant, tournant le dos à Connor, qui commençait à être à court d’arguments.
_ Il m’ennuie… si on s’en allait ? Il te faut combien de temps pour développer les photos ? Je crois savoir où trouver sa petite amie, je pourrai lui donner rapidement les…
_ Attendez !

Son ton avait changé. Elle tendit l’oreille, adressa un sourire discret, plein de promesses, à son frère. Il avait voulu viser plus haut, non ? Eh bien… son vœu semblait sur le point de se réaliser.

_ Ma copine…
_ ...Ex-copine
, enchaîna Cicely comme une douce évidence.
_ Ma copine a trouvé un journal, elle a dis qu’il y avait des tas de trucs dedans, au sujet de gens…

Captivée par le moindre signe d’intérêt de la part de son compagnon de sadisme, elle n’eut même pas besoin d’écouter la fin de la proposition.
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Eliott Jeckyll
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MessageSujet: Re: Pago Melon [libre]   Mer 21 Nov - 2:41

Eliott sauta d'un air félin de son perchoir qui en fait n'était autre que la cuvette des WC sur lesquels il était perché. Et rejoignit sa soeur d'un air satisfait néanmoins contenu. Les effusion de joie n'étaient pas vraiment le genre de la maison, qu'on se le dise. Connor faisait un peu moins le fier que tout à l'heure, il était même probable que son ego en ai prit un sacré coup dans les dents (en supposant que les egos aient des dents). Il astiquait distraitement son appareil photo, conscient du fait qu'il avait ainsi l'air d'un parfait petit psychopathe, tout en regardant dans le vide d'un air qui faisait au choix rêveur, ou alors très peur...
"Eliott, il m’a traité de salope là, tu as entendu" la voix de Cicely coupa sa tentative faciale. Il reporta son attention sur Ted (puisque que c'était son nom) son visage se fendant d'un demi sourire relativement intimidant. La réaction normale aurait sans doute été des hurlement et un affrontement de mâles virils, et ce qui déconcerta Ted (et l'ammena à deverser un flot étonnant de paroles incompréhensibles) fut sans doute le fait que Eliott ne réagisse pas comme cela. Il n'avait en fait même pas l'air en colère, mais c'était comme s'il se réjouissait en avance des souffrances qu'ils allaient infliger à ce pauvre innocent qui demandait juste à passer un peu de bon temps gratuit. Trop dommage pour toi petit, tout se paye, surtout quand on a affaire au duo le plus tordu de toute la côte Est (non, je n'exagère pas, Charles Manson, et juste après, Cicely et Eliott Jeckyll...).
Il leva brusquement les bras, ce qui fit sursauter Ted, mort de trouille, songeant sans doute à la raclée qu'allait lui flanquer Eliott. Que neni, ce dernier observait juste d'en bas son appareil photo de l'air chiffonné que Ted pensait directement adressé à sa personne.

Cicely lui demanda ensuite son rouge à lèvres. Pas sûr de comprendre de suite, il réalisa ensuite qu'il tenait toujours le sac à main de sa soeur cadette. Il lui tendit d'un geste las, tandis que son attention se focalisait une nouvelle fois sur Tedconnor. Eliott avait une façon bien particulière de vous regarder, quand il s'y mettait. Le clignage d'oeil était bien entendu proscrit, et il vous regardait d'une manière si oppressante que les plus vulnérables (enfants, personnes âgées, hamsters) fondaient parfois en larmes.
Dans le cas de leur pauvre petite victime, il semblait pris de panique, et regretter amèrement de s'être fait avoir comme le crétin hormonal qu'il était. Il se mettait à présent à parler à une vitesse effrayante, et si on se concentrait bien, on pouvait voir un peu trop de salive à la comissure de ses lèvres. Sans doute le stress. Charmant néanmoins. Cicely avait du se régaler, ce gus bavait encore plus qu'un chien enragé...
Eliott soupira de lassitude

Est ce qu'on a vraiment une tête à aimer les croisières familiales le dimanche après midi?

Non, la réponse était non, plus Connor ouvrait la bouche, et plus il s'enfonçait, c'était à vrai dire assez... fascinant. Eliott se redressa et s'étira de tout son long, attitude qui du sans doute déconcerter leur interlocuteur.

Désolé Connor, nous ne pouvons pas vraiment nous permettre de perdre du temps à t'écouter déblaterer des insanités...


Fit Eliott d'une voix neutre mais néanmoins glaciale. Il amorça un début de déguerpissage des lieus, sachant pertinament que Connor ne les laisseraient partir pour rien au monde. Un journal. Eliott se retourna à moitié, le regardant avec un sourcil arqué (héritage qu'il tenait, génétiquement parlant de sa mère) il posa ensuite les yeux sur Cicely, qui semblait penser la même chose que lui et qu'il sentait bouillonner intérieurement. Tout de suite Connor devenait légèrement plus intéressant... tu vois quand tu veux mon grand (remarque qu'il s'abstint de formuler à voix haute... c'était en général le genre de chose que disaient les papas bienveillants dans les films américains avant de tapoter la tête de leur brave petit gamin).

Un journal... tu ne pourrais pas expliciter un peu plus parce que là... des tas de gens écrivent des journaux intimes... je vois pas en quoi ça pourrait nous intéresser....


Continua un Eliott plus innocent tu meurs. Connor, quand à lui paraissait de plus en plus anxieux et paniqué. Il lança à un regard à Cicely, le genre de regard qui avait l'air d'un "on va se le faire" mais qui signifiait en réalité plus "on a gagné".

Non... non je veux dire... Y a des trucs... sur des gens... vous les connaissez j'imagine... il y a des choses assez vaches, j'avoue... pire que ce que je viens de faire à ma... co... ex copine, d'accord...


Uh tu pensais t'en sortir comme ça petit Connor. De toute façon, la photo sera quand même distribuée à l'heureuse gagnante du jour, on ne gâche pas de la pellicule comme ça...
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MessageSujet: Re: Pago Melon [libre]   Mer 21 Nov - 16:48

Dans cette pièce, les Jeckyll avaient une longueur d’avance. Non pas à cause de leur intelligence diabolique et merveilleuse à la fois (le narcissisme ne tue pas, c’est prouvé… regardez Louchette), mais bien parce qu’il savait tous deux que Connor était foutu dans tous les cas, ce que lui-même semblait ignorer. La copine aurait les photos dès qu’ils auraient terminé de s’amuser, ou jusqu’à la dépression chronique d’au moins deux personnes. La discussion sur le journal intime s’enclencha, et il fallait la jouer fin pour ne pas que Teddy capte leur intérêt dévorant (imaginez la chose : ce journal représentait une source d’amusement pour deux mois au moins. Alors, pour ces deux êtres qui fuyaient l’ennui comme la peste…). Pendant ce temps, face au miroir, la seule demoiselle des lieux repeignait correctement ses lèvres, maltraitées pendant près de dix minutes. Tout à coup, elle paraissait captivée par ces quelques centimètres de peau qui méritaient un coup de main parfait ; elle gardait pourtant un peu d’attention pour la conversation qui se déroulait non loin, tout de même. Une fois ceci fait dans les règles de l’art (lissage de cheveux, réajustement de vêtements, vous connaissez la musique), elle rangea le petit objet dans le sac, non sans avoir fait comprendre à son frère, tout en silence que « oui ils avaient gagné. Mais ça n’avait rien d’étonnant, ils étaient si bons ».

Les compliments ne l’étouffaient jamais, moins encore lorsqu’ils concernaient leur génie diabolique à tous deux. Teddy se fit plus précis, un peu moins terrorisé. Rah, s’il avait été moins stupide, il aurait sans aucun doute compris que sa révélation lui permettait de demander à Eliott d’ouvrir son appareil… mais non, évidemment. Il suffisait de précipiter un peu les choses pour l’en empêcher, et voilà tout. Malgré leurs mésaventures tout récentes, Cicely malmenait inconsciemment ses lèvres en réfléchissant, jusqu’à enfin trouver la tactique idéale. Elle se força à adopter le ton le plus professionnel qui soit, comme s’il lui arrivait quotidiennement de faire du chantage aux gens. Ah ah, c’était le cas.


_ Le lieu exact où le journal se trouve, des noms, l’auteur, la garantie que ce ne sont pas des salades, et on pourra négocier. Si tu me baises les pieds, c’est bien aussi.

Il eut un rictus qui devait s’apparenter à de l’incompréhension. Bah quoi ? Elle regarda ses adorables petits pieds, enfermés dans des ballerines minuscules, vexée. Tout à son observation, elle fut presque surprise d’entendre Teddy-Conn leur répondre, fébrile. Il suait à grosses gouttes, c’était vraiment à mourir de rire. A croire que c’était son premier chantage, à lui.

_ La chambre de mon… enfin, dans sa chambre quoi. Deuxième tiroir de la commode. L’auteur c’est… je sais plus, une Broke, je crois. Non non attendez c’est Brooke plutôt.
(Intense recherche dans son répertoire de bonnes victimes)
_ Davinson ? Brooke Davinson ?
Il y eut un silence. Elle croisa les bras pour qu’aucun crispement incontrôlé de ses doigts ne la trahisse.
_ …aucun intérêt.
Mensonge. S’il y avait bien une bonne source de rumeurs avérées (et croustillantes), c’était cette fille.
_ Mais… attendez je me souviens des noms aussi. Il y avait la Warldof, et un Charlie je sais pas quoi… et Giulia aussi !
Etrange, à la manière dont il prononça son prénom, elle eut comme l’intuition que ce n’était pas première fois qu’il venait bécoter une créature dans ces toilettes. Dégoûtée, elle enleva sa main qui, détendue, s’était posée sur le lavabo.
_ Ça dépend si on peut en faire quelque chose.
L’accompagner chercher le journal était trop dangereux. Il faudrait traverser une grande partie de l’université et, avec un peu de malchance, ils croiseraient quelqu’un qui se souviendrait les avoir vu en compagnie de Teddy-Conn. Mauvais plan donc.
_ Tu vas nous apporter le journal au coucher du soleil ce soir, à 22 h sur le toit du bâtiment B. Si tu ne sais pas comment y aller, demande à ta petite amie elle doit sans doute avoir de l’expérience.

La réplique fut suivit d’un regard éloquent vers la porte, lui indiquant qu’il pouvait se carapater comme il rêvait de le faire depuis le début. Il hésita (sans doute était-ce parce qu’il devait passer près d’Eliott), puis finalement disparut comme un courant d’air. Une fois parti, l’expression de Cicely quitta la dimension « génie du mal » pour revenir du côté « petite sœur démoniaque ». La cadette s'approcha et pointa un index entre les deux yeux d’Eliott, augmentant légèrement la pression lorsqu’elle commença à parler.

_ Ça t’ennuierait d’avoir l’air un peu plus menaçant ? Je me suis déjà faite tabasser une fois par David Carradine parce que tu faisais pas assez le malabar ; on est censé compter l’un sur l’autre. Faut pas qu’ils comprennent qu’au corps à corps, ils gagneraient.

Non, pas le vrai David Carradine. Il s’appelait en réalité Tomy (hm) et avait été proche de demander Cicely en mariage, les quelques minutes où ils s’étaient « entendus ». Il était aussi le dernier quaterback qu’ils avaient arnaqué… elle ne se ferait plus jamais démolir par un type du genre, c’était beaucoup trop humiliant. Bref. A la fin de son petit laïus elle enleva son index, laissant une petite marque rouge entre les deux yeux de son frère, avant de se tourner vers le miroir.

_ Je me demande ce qui te rend si... doux, en ce moment, conclut-elle, d’une voix beaucoup trop innocente.

Bon c’était pas tout ça, mais comment on montait sur le toit du B déjà ?
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MessageSujet: Re: Pago Melon [libre]   Sam 24 Nov - 4:43

Eliott baissa la tête et fit claquer entres elles ses chaussures de cuir noir qui avaient sûrement du coûter très cher, mais qui à présent étaient un peu usées sur les côtés, et avaient besoin d'un peu de cirage. Eliott avait le don d'arriver à tout porter avec une élégance naturelle, même des chaussures pour petit gosse friqué passées de mode.
Sa tête regardant donc soigneusement le sol, un épais rideau de cheveux bruns masquaient le visage d'Eliott, sur lequel était apparut un large sourire. Ils étaient tellement brillants... ça en devenait presque indécent. Il réussit tout de même à se reprendre (oui, le maître de la comédie les cocos, prenez en de la graine) et lança à Ted un regard où se mêlaient moquerie, supériorité incontestée et folie gentillette. Tout ça dans les yeux pâles de Jeckyll, tout à fait.
Connor fit finalement une sortie spectaculaire (trop pas) et Cicely enchaîna presque immédiatement sur ses doutes concernant la faculté d'Eliott à être menaçant.

Arrête, il ne t'a rien fait... je lui aurait refait le portrait si ça avait été le cas, tu le sais bien...


Il était fréquemment arrivé à Eliott d'aller casser la figure en cachette de types qui n'avaient pas été très corrects avec sa soeur (même si elle l'avait sans aucun doute un peu cherché, mais ce n'est pas la question)

En attendant, je refuse de jouer les dobermans, tu m'en excusera...


Il ignora soigneusement la remarque sur sa soudaine douceur. Il était peut être un peu plus distrait qu'à accoutumée, certes. Pas plus doux...

Vingt deux heures... tu n'aurais pas pu trouver encore plus dramatique comme heure? Tu veux peut être passer à la maison pour enfiler ton costume de cat woman, juste pour la marrade?


Il passa ensuite à côté de sa soeur tout en passant la main dans sa frange parfaitement coiffée. Il posa ensuite ses deux mains à plat, de chaque côté du lavabo et observa son reflet dans le miroir. Le pire, c'était que Cicely avait raison. Il ressemblait à une larve ces derniers temps. Sa peau était anormalement pâle, et ses yeux trahissaient la fatigue accumulée. Eliott n'avait jamais énormément dormi, mais ces temps si, l'ennui l'empêchait de trouver le sommeil, ou plutôt, l'obsession de l'ennui l'empêchait de trouver le sommeil.
Il ouvrit le robinet et commença à se laver les mains, un léger sourire au coin des lèvres alors qu'il observait le Eliott du miroir lui sourire de la même manière. Ce carnet tombait vraiment à point, ils allaient enfin avoir un peu de distraction à grande envergure, en plus grâce à des petits pourris gâtés de l'Upper East Side. Que demande donc le peuple...

J'étais à deux doigts de penser qu'on ne trouverait jamais notre bonheur dans cette fac remplis de petits rats désespérément studieux, prudes et fades.

Eliott plaçait de grands espoirs en ce journal, qui était l'occasion rêvée de faire le mal (muahahah) de conquérir de monde (MUHAHAHA!) DE DECOUVRIR LE SECRET DES MACHINES A CAFE (*ZBAFF*).
Il essuya ensuite soigneusement ses mains avant de les fourrer dans ses poches. Il se tourna vers Cicely, un sourire aux lèvres, par narquois ni sadique comme à son accoutumée, mais juste celui qu'il réservait pour sa soeur.

Je m'occupe de faire développer les photos, tu peux passer au chenil, au cas où Connor ait envie de te violer en haut du bâtiment B, et que je sois trop "doux" pour l'en empêcher.


Il conclu sa (brillante) intervention par un petit clin d'oeil, avant de quitter les toilettes. Le plan était, bien entendu, d'en donner un exemplaire à Connor, afin de gagner sa confiance. Évidemment, les originales allaient se retrouver tout droit dans la boîte aux lettres de cette chère Megan. Pauvre Connor, Eliott en aurait presque mal pour lui s'il n'était pas dénué de toute compassion.


[ MEGA ELLIPSE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
!!!!!!!!!!!!!!! ]


Toit du bâtiment B, 22h05

Mon petit Connor, s'il advient que tu te sois dégonflé et que tu ne vienne pas...


Eliott donna un coup de pied dans un caillou qui avait eu le malheur de trainer par terre. Son visage était très calme, malgré tout, il avait incroyablement froid. Cicely était assise non loin de là, et avait finalement abandonné l'idée de la combinaison de Cat Woman, tout le monde s'accordant à dire que ça faisait peut être un peu trop allumeuse.
Si ça se trouvait, ce décérébré n'avait pas trouvé comment il fallait monter en haut sur les toits du bâtiment B (ça n'était pourtant pas bien compliqué: la passerelle menant au deuxième étage, puis la goutière, tout être humain normalement doté de ses quatre membres + d'une cervelle était capable de le faire).
Et finalement, un miracle parvenu. Connor, en chair et en os, emmitoufle dans une doudoune bleue complètement ridicule, et coiffé d'une casquette de base ball (tiens, quelqu'un avait il peur qu'on le reconnaisse sur des clichés?). Il s'arrêta en plein milieu du chemin et ne bougea plus. Cicely et Eliott ne bougeaient pas non plus, stoïques dans la coolness attitude des Jeckyll (tout un art).
Connor se mit à parler

- J'ai... j'ai le journal...

- Fantastique, nous avons maintenant la preuve que tu es capable de te servir non seulement de tes hormones, mais également de faire fonctionner ta mémoire qui elle même arrive à stimuler tes neurones pour te faire... agir intelligemment ou presque, c'est merveilleux Connor


Répondit Eliott d'une voix froide, tranchante et hostile, qui ne parut pas gêner Ted tant que ça, puisqu'il fronça les sourcils, juste un peu interloqué de se voir appeler Connor, mais ne releva pas la raillerie.

Ecoutez... Je vous le donne, à deux conditions... je veux la pellicule et je veux que vous me laissiez tranquille... s'il vous plaît..


C'en était presque touchant. Connor était tétanisé et en plus avait réfléchi!

Ah, ton ultimatum est ingénieux, je crois que nous sommes coincés Cicely, nous n'avons pas vraiment le choix


Fit Eliott, plus ironique tu meurs, en se tournant vers sa cadette. Etrangement, Connor eut l'air satisfait, et prit un petit air supérieur. Pauvre type, je le redis.
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MessageSujet: Re: Pago Melon [libre]   Dim 25 Nov - 1:16

Face au miroir, elle dessina la ligne de sa mâchoire, à la recherche d’imperfections imaginaires. Manquerait plus que son visage d’ange se trouve faussé par minuscules rides d’expression… ah, aucun risque. Considérer son frère comme un protecteur invincible lui avait toujours parut difficile. Non pas qu’il ne soit pas assez fort ou viril pour ça, mais disons qu’il était plus à ses yeux un grand copain de jeu, compagnon de plans foireux. Mais, quelque part, elle parut satisfaite de sa réponse et sourit calmement en haussant les épaules. Sachez qu’en ce moment même, sa petite tête imaginait à la vitesse de l’éclair une scène où Connor aurait dépassé les bornes et où son frère aurait enfin montré les dents. Son sourire s’agrandit. Finalement, elle aurait peut-être dû pousser Connor à agir bêtement… au moins pour sortir son frère de cette insupportable léthargie qui le poursuivait depuis des semaines.
Déjà, la dite larve enchaînait sur une image canine des plus agréables. Apparemment, elle l’avait agacée ; sentait déjà venir la remarque intraitable sur ses méthodes. A nouveau, elle haussa les épaules, replaçant avec soin une mèche de cheveux sur son épaule, comme ailleurs. Pas besoin d’enfiler un costume de super justicière nymphomane pour avoir l’air dérangé, il devait le savoir. Mais peut-être avait-elle franchi une frontière invisible, et il la rappelait gentiment à d’ordre, la titillant jusqu’à ce qu’elle abandonne. C’était mal la connaître. Pendant son laïus, elle restait concentrée sur l’idée que quelque chose clochait.

Elle le regarda se laver les mains, suspicieuse. Tout un tas d’hypothèses se présentèrent en rang serré dans sa tête, elle écarta les plus farfelues. Non, il n’avait pas dû décider de devenir gay sans l’en informer, ni ne s’était fait enlevé par des extraterrestres (mais peut-être devait-elle vérifier son emploi du temps, au cas où ?). Bah, l’ennui peut-être, comme il ne tarda pas à l’avouer à demi-mot pas plus tard que tout de suite. Il y avait ce petit accent d’excitation dans sa voix, qu’elle connaissait assez pour savoir qu’il s’était réveillé… pas tout à fait, mais c’était déjà un début. Il n’avait pas eut l’air aussi intéressé depuis des semaines
.

_ Les rats se dévorent entre eux, c’est toujours intéressant de regarder... ou de les affâmer.

Etrange, mais elle avait comme l’intuition qu’entre l’étrangler et la violer, Connor aurait tôt fait de faire son choix. C’était vexant pour sa plastique, mais positivement délicieux pour son génie diabolique. Savoir que l’on était l’objet d’une haine (ou d’une peur) était agréable, à un point que les êtres épanouis et équilibrés ne pouvaient imaginer. Et puis, dans le cas où Connor se révèlerait dépendant aux étranglements en même temps que ses envies sexuelles, elle avait toujours des griffes non ? Ah, ongles pardon. Tout dépend de la manière dont on s’en sert (j’ai déjà entendu ça quelque part). Elle le laissa s’en aller, passant lentement la langue sur ses dents à la manière d’un animal dans l’attente d’un festin.
Quelques secondes encore, elle observa son pâle reflet, beaucoup moins souriante tout à coup. Comme pendant un dialogue silencieux avec elle-même, son visage passa par différentes vagues expressions, avant de reprendre cette lassitude qui la quittait rarement. Oui, ce n’était probablement rien, hein. Ils allaient arnaquer quelques bons petits gosses de riches, se refaire une santé à coup de clichés compromettants et rumeurs romancées, et tout irait parfaitement. Son frère était resté le délicieux monstre qu’elle avait toujours connu, il n’y avait pas de quoi s’en faire. Il n’avait pas trouvé une conscience sur le bord de la route. Soulagée pour un moment, elle ferma son sac à main, et quitta les lieux.


Il faisait froid. Ceci, elle aurait mieux fait de s’en rendre compte avant de sortir. Cette écharpe verte était du meilleur goût, probablement tricoté par un Thaïlandais de quatorze ans sous-alimenté, mais mon dieu, elle avait l’impression de ne rien avoir autour du cou. Et voilà, maintenant elle était assise contre je ne sais quel truc en béton non identifiable compte tenu de la lumière déclinante, et son frère commençait à s’impatienter. Calme, elle essayait d’oublier le froid qui ta tenaillait depuis plus d’un quart d’heure, prévoyant à quel moment exact son frère allait exploser et décider d’aller chercher leur victime par lui-même.
Fort heureusement, il n’eut pas aller jusque là. Connor apparut, tel l’apparition la plus ridicule qui soit. Certaines personnes pouvaient se montrer menaçantes en costume de lapin rose, avec une pancarte « tapez moi » sur le ventre. D’autres… c’était tout le contraire. Cette chose bouffante à la couleur suspecte passée autour de son torse n’améliorait pas vraiment les choses. Ainsi vint Connor. Ainsi mourrait-il aussi, probablement : ridicule. Elle arqua un sourcil, pinça ses lèvres glacées, se leva avec une lenteur de spectre plutôt stressante. Pendant ce temps Eliott, reprenant des airs de doberman glacial, prenait les choses en main. Elle eut un sourire, secoua la tête. Ce genre de démonstration aurait été exclue en temps normal, mais il faisait sombre… elle s’autorisait à sourire des boutades qu’ils étaient seuls à comprendre. En relevant la tête, elle croisa le regard de son frère, qui paraissait s’amuser comme un gosse. Pendant ce temps, Connor découvrait ce qu’était le pouvoir. Elle ne comptait pas le laisser en profiter des lustres.

Quelques pas silencieux, et elle vint se poster devant son frère. Elle glissa la main entre les pans entrouverts de son manteau, et en sortit une large enveloppe marron. Ils avaient toujours voulu se la jouer vieux films sombres années 70, avec enveloppe cachetées et univers enfumés. Bref. Enveloppe en main, elle alla jusqu’à Connor et la lui tendit sans un mot. Ses cils papillonnèrent quelques secondes, il se surprit à sourire bêtement, avant d’oublier un peu de méfiance sur le chemin de la stupidité, et se saisir de l’enveloppe.


_ Tu sais bien qu’on ne serait jamais allé jusqu’au bout. On voulait juste… te faire peur.

S’il n’avait pas été trop occupé à découvrir ce que contenait l’enveloppe, il l’aurait vu sourire d’une manière plutôt effrayante à la fin de sa phrase. Mais non, il était bien trop soulagé pour ça. L’enveloppe contenait tous les clichés développés, ainsi que quelques centimètres de pellicule. Pellicule qu’il sortit, suspicieux, et voulut regarder à la lumière pour en vérifier l'authenticité. Mais… il n’y avait pas de lumière. Ah voilà, maintenant tout de suite l’heure du rendez-vous prenait tout son sens. Elle coula un regard suffisant vers son frère ; un regard absolument adorable, qui ressemblait assez à celui d’une fillette qui viendrait de construire la plus haute et instable tour de legos du monde. Le plastique dans la main, Connor regarda Cicely, hagard. Elle répondit à ses interrogations silencieuses par une moue innocente.
La pellicule qu’il était maintenant en train de brûler sous leurs yeux représentait en réalité les clichés de John et Janis, deux adorables Yorkshire que les deux Jeckyll avaient rencontré dans un parc, il y a quelques semaines de ça, et qui leur avaient paru assez ridicules pour être immortalisés. Le reste des négatifs finit de se calciner sur le sol. Connor rangea les autres clichés dans son… sa… chose bleue, de laquelle il sortit le journal. Une fois de plus, ayant du mal à cacher son excitation, elle pinça ses lèvres en fixant l’objet. Il hésita. Avait-il flairé le piège ?


_ Euh… peut-être quand tout ça sera fini, on pourra essayer toi et moi, tu vois…

Gâcher son plaisir par des visions d’horreur d’eux dans ces toilettes sordides, ça c’était purement inconscient. Elle se promit d’être là, quand la copine demanderait des explications au sujet des photos.

_ J’ai fais vœu d’abstinence. C’est dur, mais Dieu demande des sacrifices.

Les nones improvisées, ce n’était plus si excitant que ça, tout à coup. Il lui tendit le journal sans rien ajouter d’autre qu’un sourire crispé. Bientôt, on entendit la gouttière grincer sous le poids de l’étudiant qui repartait. Cicely était déjà revenue jusqu’à son frère, les yeux brillants, toujours frigorifiée mais aux anges, avec dans les mains ce truc minuscule… qui allait faire tant de mal.
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